Actualités Vie de l'entreprise
Frank Mathis, la jeunesse du bois
Frank Mathis, la jeunesse du bois
Président de l'entreprise familiale de Muttersholtz, aux profondes racines historiques, Frank Mathis incarne la jeunesse et le renouvellement des entrepreneurs régionaux.
« Concentré sur la reconstruction »
De la foi chevillée au corps, mais surtout en l'homme et en sa bonne étoile, il lui en a fallu quelques stères depuis qu'il a repris, en 1999, les commandes de l'entreprise que lui cède son père Paul-Henri. A l'époque, Mathis vit encore douloureusement les conséquences financières désastreuses du chantier du Centre de culture kanake Jean-Marie Tjibaou, en Nouvelle-Calédonie, un des « grands projets » du président François Mitterrand. Conçu par Renzo Piano, l'ensemble est une extraordinaire référence pour le bois lamellé collé et sa richesse expressive. Pour la PME du Centre Alsace, le projet de rêve se muera en un long cauchemar provoqué par les coûts disproportionnés du chantier et des défauts de paiement. Après treize ans de procédures, Mathis n'a toujours pas été entièrement indemnisée. Si elle l'est un jour... Du jamais vu dans cette entreprise ayant pignon sur rue depuis 1875.
« C'est mon père qui a continué à suivre ce dossier. Pour ma part, je me suis concentré sur la reconstruction de l'entreprise », dit aujourd'hui Frank Mathis. Avec quelque succès puisque l'affaire, forte de 190 collaborateurs, a plus que doublé ses effectifs en dix ans et réalisé 40 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2009. Le leader français du lamellé-collé a connu plusieurs années de croissance à deux chiffres, sauf en 2009, bien sûr. Mais 2010 s'annonce plus prometteuse.
« Une direction plus collégiale »
Aux yeux de Frank Mathis, après une décennie aux commandes, la grande affaire de sa vie reste la transmission de l'entreprise : « J'hésitais, je souhaitais voyager, j'avais envie de travailler ailleurs, je me serais plutôt vu dans l'exploitation forestière », dit ce diplômé de l'École du bois de Mouchard et de l'École de commerce de Saint-Dié. Précisant, l'oeil rieur : « Je n'étais pas un élève très brillant, je crois ». Il répond néanmoins à l'appel de Paul-Henri qui souhaite lui passer la main : « La succession s'est très bien passée, alors que mon père, lui, avait vécu une situation plus difficile... »
« Un métier exaltant mais dur »
Chef d'entreprise dévoué et convaincu, un métier qu'il juge « exaltant mais dur », Frank Mathis défend sans concession ses jardins secrets : la famille, la lecture et les soirées théâtrales, le sport assez intensément. Ses mandats collectifs sont limités à sa branche, dans la filière bois où il s'engage lorsqu'il trouve du sens et se sent utile : « J'aimerais bien avoir une vie de famille normale... J'ai besoin d'un équilibre, trouver des ressources. Nous sommes dans des métiers où il faut faire preuve d'imagination. Et c'est à moi de chercher des idées nouvelles ».
Retour
