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Siat-Braun, partenaire Bieber est sur tous les fronts à URMATT pour l’industrie du bois.


20 millions d’euros pour une nouvelle unité de billonnage, 15 millions d’euros pour une centrale à biomasse... Les dirigeants de la scierie Siat-Braun ont présenté hier leurs projets aux représentants de la CCI, en sollicitant leur concours pour réaliser une autre de leurs ambitions : basculer une partie du transport routier vers le rail. C’est déjà la plus importante scierie française de résineux et elle est appelée à grandir encore. La gigantesque unité de sciage, entièrement reconstruite en 2003 à Urmatt par les frères Siat, continue en effet à se développer. 

 

Unité de cogénération

 

 Paul Siat, son directeur général, l’a confirmé hier à Jean-Louis Hoerlé et Philippe Colson, le président et le directeur général de la chambre de commerce et d’industrie de Strasbourg, venus visiter l’usine avec un groupe d’élus : « Nous avons engagé une phase complémentaire d’investissements ».L’entreprise, qui emploie 280 personnes et qui a réalisé l’an passé un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros, mène en fait trois projets de front. Pour commencer, a expliqué M. Siat, elle s’apprête à construire une nouvelle unité de billonnage sur son site d’Urmatt. Cet équipement, qui représente un investissement de près de 20 millions d’euros, remplacera l’actuel parc à billons situé sur son site d’Heiligenberg. Rapprocher cette activité de la scierie permettra, a souligné le dirigeant, « d’éviter les rupturesde charge ». Un autre chantier, qui se chiffre à 15 millions d’euros, est en préparation. Siat-Braun a en effet obtenu fin janvier le feu vert du gouvernement pour construire une centrale à biomasse.Cette unité, qui devrait être opérationnelle au deuxième trimestre 2011, produira à la fois de l’électricité,qui sera revendue sur le réseau, et de la chaleur à partir de la combustion d’écorces, a expliqué Paul Siat.Les calories générées par le process permettront à l’entreprise de proposer à ses clients du bois de charpente sec. « Elles nous permettront également de sécher des sciures, ce qui nous permettra de nous positionner sur le marché du granulé », a précisé le directeur général. 

 

Embranchement ferroviaire

 

 La scierie, qui vient de consacrer 3 millions d’euros à la restructuration de son unité de fabrication de tasseaux et de moulures de Niederhaslach, réfléchit également au moyen de basculer une partie des flux de transport qu’elle génère de la route vers le rail. 

« Nous scions 650 000 m3 de grumes par an. Cela signifie qu’une centaine de camions grumiers arrivent chaque jour sur le site et qu’une centaine en ressortent, dont 50 chargés de sciages qui vont livrer nos clients dans toute la France, et 50 chargés de sciures et de plaquettes », a expliqué Didier Anne-Braun, le directeur des ressources humaines.

 L’idée développée par l’entreprise consiste à se doter d’un embranchement ferroviaire pour expédier une partie de sa production par conteneurs. « Nous avons les moyens d’envoyer trois trains entiers par semaine », souligne le DRH. La scierie a d’ores et déjà dégagé les moyens (près de 4 millions d’euros) et préparéles terrains nécessaires à la construction de 400 à 600 mètres de voie ferrée.Le problème, pour elle, consiste à rentabiliser ce mode de transport, qui s’avère plus cher que la route si les wagons reviennent à vide.

« Notre souci aujourd’hui est de trouver des industriels de l’Ouest de la France qui auraient besoin de nos trains pour transporter des produits jusqu’ici », a résumé Paul Siat.

 Pour cela, les CCI peuvent constituer une aide précieuse, ont estimé Jean-Louis Hoerlé et Philippe Colson. En s’engageant à actionner le réseau. 

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